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Violence domestique Doc. 9525 17 juillet 2002 Rapport Commission sur légalité des chances pour les femmes et les hommes Rapporteur : Mme Olga Keltoová, Slovaquie, Groupe des démocrates européens -------------------------------------------------------------------------------- Résumé En Europe, chaque semaine, une femme est tuée par son mari ou son concubin. La violence domestique constitue une grave violation des droits de lhomme qui a des conséquences sur de nombreux aspects de la vie des victimes. La violence domestique est un phénomène qui touche tous les pays, quels que soient la classe sociale, la race ou le niveau déducation des personnes concernées. Elle relève dune lutte de pouvoir et dune volonté dentretenir linégalité des relations entre hommes et femmes et de perpétuer la soumission de ces dernières. La prévention de la violence domestique doit sattaquer aux racines du problème et allier lassistance aux victimes à des mesures préventives et juridiques. Les gouvernements devraient tout mettre en oeuvre pour lutter contre la discrimination à légard des femmes dans tous les domaines et leur garantir les mêmes chances et les mêmes choix quaux hommes. LAssemblée appelle les Etats membres à faire de la violence domestique une infraction pénale et à prendre les mesures nécessaires pour prévenir, poursuivre et réprimer ces actes afin de protéger les victimes. I. Projet de recommandation 1. La violence domestique est une forme très commune de violence à lencontre des femmes dont les victimes subissent les conséquences sur de nombreux plans logement, santé, éducation, liberté de vivre leur vie sans crainte et de la manière dont elles lentendent. Ce phénomène endémique concerne tous les pays européens et sobserve dans toutes les catégories ou classes sociales. La violence domestique peut prendre diverses formes comme lagression physique, labus sexuel et le viol, les menaces et lintimidation et doit être considérée comme une infraction pénale. 2. Or, La violence perpétrée au sein de la famille continue dêtre considérée comme une question dordre privé. Selon les statistiques, pour les femmes de 16 à 44 ans, la violence domestique serait la principale cause de décès et dinvalidité, avant le cancer, les accidents de la route et même la guerre. Elle doit, en conséquence, être traitée comme un problème politique et public qui porte sur une violation des droits de lhomme. 3. LAssemblée rappelle la Déclaration finale adoptée lors du deuxième Sommet du Conseil de l'Europe à Strasbourg en 1997, la Recommandation 1450 (2000) de lAssemblée sur la violence à lencontre des femmes en Europe et la Recommandation (2002) 5 du Comité des Ministres aux Etats membres sur la protection des femmes contre la violence qui condamnaient toutes les formes de violence envers les femmes comme une violation générale de leurs droits en tant quêtres humains. 4. LAssemblée considère les actes de violence domestique comme des actes criminels et invite les Etats membres à reconnaître que les Etats ont lobligation de prévenir, dinstruire et de sanctionner les actes de violence domestique et doffrir une protection aux victimes. 5. Compte tenu de la nature cachée de la violence domestique, lAssemblée demande instamment aux gouvernements de lancer des politiques de sensibilisation efficaces et des campagnes dinformation pour informer et éduquer la population sur ce problème. Chaque gouvernement doit obtenir des informations et des données objectives sur lampleur de ces délits. 6. LAssemblée reconnaît limportance délaborer des stratégies dintervention collective aux niveaux locaux, visant à coordonner la coopération interinstitutionnelle et la mobilisation des ressources humaines et financières pour combattre la violence domestique et inviter lensemble de la population à prendre ses responsabilités vis-à-vis du changement sur les lieux de vie et de travail. 7. LAssemblée recommande en conséquence aux Etats membres du Conseil de l'Europe de:
II. Exposé des motifs par Mme Keltoová Table des matières I. Définition Introduction 1. La violence est une violation générale des droits de tout être humain : droit à la vie, à la sécurité, à la dignité et à lintégrité physique et mentale. On la rencontre aussi bien dans le cadre de la famille (violence conjugale, mutilations sexuelles) que dans la société (viols, agressions et harcèlement sexuel, esclavage domestique, traite des femmes et prostitution forcée). 2. La violence contre les femmes résulte de rapports de force, de domination et du besoin de contrôle. Ces rapports sont issus des structures sociales qui sappuient elles-mêmes sur les inégalités des sexes. Les actes de violence sont sans équivoque : ils recherchent à maintenir des rapports inégaux entre les hommes et les femmes et à renforcer la subordination de la femme. 3. La violence contre les femmes est endémique, dans les pays industrialisés comme dans les pays en voie de développement : les victimes et les agresseurs appartiennent à toutes les classes sociales. 4. Les démarches pour lutter contre la violence à légard des femmes et contre la violence domestique au niveau international ne traitent notamment que de la violence commise par les hommes. Mais il ne faut pas ignorer lexistence de la violence perpétrée par des femmes à lencontre dautres membres de la famille y compris des hommes. 5. La violence domestique est un problème universel et lune des violations des droits de lhomme la plus répandue dans le monde. En 1993, lAssemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur lélimination de la violence à légard des femmes. Cest le premier instrument international des droits de lhomme qui traite exclusivement de la question de la violence à légard des femmes. Il affirme que la violence à légard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine et des libertés fondamentales des femmes et énonce les responsabilités des gouvernements à assurer que la protection des droits et des libertés des femmes est garantie. 6. Dans la plate-forme daction de Pékin adoptée lors de la quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes en 1995, la violence à légard des femmes est identifiée comme lun des douze problèmes critiques qui constitue un obstacle majeur à la promotion de la femme. Les gouvernements sont convenus dadopter et de mettre en uvre une législation nationale visant à prendre des mesures juridiques et institutionnelles appropriées en faveur des femmes et à les protéger contre toutes les formes de violence dirigées contre le sexe féminin. I. Définition 7. La violence domestique englobe toute une gamme de comportements violents (violence physique, sexuelle ou psychologique) exercés par un partenaire à lencontre de lautre pour le contrôler et maintenir cette emprise. Cette violence sexerce au sein du foyer familial et les enfants et dautres membres de la famille sont parfois également concernés. 8. Dans ce contexte, la «famille» doit être envisagée dans ses diverses formes, y compris les couples vivant ensemble sans être mariés et les partenaires homosexuels. Le rapport sur la violence domestique du Comité restreint sur les affaires familiales de 1993 utilisait la définition ci-après de la violence domestique, qui donne une interprétation élargie à la notion de famille: «toute forme dabus physique, sexuel, affectif ou financier qui intervient dans le cadre de relations étroites. Dans la plupart des cas, les relations sont celles de partenaires (mariés, concubins ou autres) ou dex-partenaires». 9. La violence conjugale est considérée comme un processus au cours duquel, dans le cadre dune relation de couple (mariage, concubinage, pacte de solidarité), un partenaire adopte à lencontre de lautre des comportements agressifs, violents et destructeurs. Dans limmense majorité des cas, la violence est le fait de lhomme. 10. La violence domestique affecte la vie des victimes dans de nombreux domaines : logement, santé, éducation et liberté de vivre sa vie sans crainte et selon ses désirs. Ce phénomène très répandu se retrouve dans tous les pays européens. 11. La violence domestique est un phénomène perpétué par les conditions sociales et les relations sociales existantes qui reflètent linégalité des sexes et favorisent le pouvoir des hommes. Le concept de déséquilibre caractérisant les rapports de pouvoir entre les sexes est très important pour mieux comprendre la violence domestique car les hommes sont traditionnellement plus puissants dans la société. 12. Il a été démontré que la violence au sein du foyer conjugal sapparentait à une certaine forme de torture. En effet, les femmes sont agressées physiquement et psychologiquement et sont humiliées dans leur corps et leur âme. Comme la torture, les actes de violence conjugale sinscrivent dans la durée. 13. Les différentes statistiques montrent quil existe plus de probabilité pour une femme dêtre battue et violentée, voire tuée par son partenaire ou son ancien partenaire que par une autre personne. En Europe, selon les pays, de 20 à plus de 50 % de femmes sont victimes de violences conjugales. Il nexiste pas de portrait-robot type du conjoint violent. La violence conjugale concerne toutes les couches de la société et tous les âges. 14. On estime également que, pour les femmes de 15 à 44 ans, la violence familiale est la première cause de mort et dinvalidité, plus encore que le cancer, les accidents de la route voire la guerre et quelle entraîne des coûts aussi bien au niveau des services médicaux et de santé que de lemploi, de la justice et de la police. 15. La violence familiale ne devrait donc pas être uniquement considérée comme une question familiale. Il sagit dun problème politique et public, car il porte sur la violation des droits de lhomme que les pouvoirs publics doivent traiter avec le plus grand sérieux en protégeant les victimes et en prenant des mesures pour prévenir la violence domestique. II. Les différentes formes de violence domestique 16. La violence conjugale peut revêtir plusieurs formes. On distingue généralement la violence physique, la violence sexuelle, la violence psychologique, la violence structurelle et la violence économique.
17. La violence physique est la plus visible, car elle laisse souvent des traces. Le conjoint bat, donne des coups, gifle, étrangle, se sert dobjets, darmes par exemple (couteaux, armes à feu et haches) pour assouvir sa violence. Ces actions peuvent conduire au meurtre et provoquent souvent de graves lésions. 18. La violence physique peut également sexercer à légard des enfants du couple. En effet, le conjoint violent peut faire subir des sévices aux enfants.
19. La violence physique exercée par un partenaire inclut la violence sexuelle. Les agressions sexuelles 20. Tout acte de nature sexuelle subi sous la contrainte est une violence. Les attouchements et autres approches devraient être considérés comme des délits si la personne nest pas consentante. Le viol conjugal 21. La femme peut subir des rapports sexuels contre son gré, peut être brutalisée pendant les rapports et peut être violée par son conjoint. Malheureusement, dans beaucoup de pays, les relations sexuelles violentes au sein dun couple ne sont pas considérées comme un viol, au sens pénal du terme. Seuls certains pays commencent à reconnaître le viol dans le couple comme un crime alors que dautres estiment que les conjoints ont droit à un accès sexuel illimité chez leur femme. Linceste 22. Le conjoint ou tout autre membre de la famille peut imposer des relations sexuelles aux enfants de la famille.
23. La violence psychologique au sein dun couple est également intolérable pour la femme qui la subit. Malheureusement, cest ce genre de violence qui est la plus occultée et, par conséquent, la plus difficile à déceler. Les attaques verbales, les humiliations, les menaces, les harcèlements répétés, lenfermement peuvent être plus douloureux que les atteintes physiques en ce sens quils perturbent gravement léquilibre psychologique. La femme perd toute confiance en elle et, par la suite, a du mal à se prendre en charge.
24. La violence structurelle est souvent sous-estimée, car moins évidente et moins directe que la violence physique. On considère comme violence structurelle toute situation où la femme est dévalorisée du fait quelle est une femme, notamment lorsquelle est privée de ses droits les plus fondamentaux comme par exemple la liberté dexercer une profession, davoir un compte en banque, etc. Ces inégalités entraînent et favorisent la violence des hommes envers la femme.
25. Une violence de nature économique peut également sexercer, entraînant pour la femme une privation des moyens ou de biens essentiels, un contrôle ou une spoliation. III. Lampleur du problème en Europe 26. On estime quune femme sur cinq est victime de la violence en Europe et que les agresseurs sont dans la grande majorité des membres de la famille ou des proches. 27. En dépit de la diversité des cultures et des situations économiques et sociales dans les pays européens, de nombreux traits communs ont confirmé lidée que la violence constitue un sérieux obstacle à légalité. 28. Il est difficile de connaître lampleur réelle du phénomène de la violence domestique dans les différents pays en raison de trois facteurs : la nature cachée du problème, la proportion importante de cas non signalés et le fait que la violence domestique nest pas recensée en tant quinfraction distincte et donc elle napparaît pas dans les données statistiques. 29. La dernière étude nationale en France a montré quen 2001, 1,35 million de femmes avaient été victimes de violence domestique. Pour la moitié dentre elles, cétait la première fois quelles révélaient ces actes de violence. Plus leur statut social est élevé, plus il est difficile pour elles de dénoncer la violence. La majorité des femmes ont entre 20 et 34 ans. 30. La Norvège compte 4 millions dhabitants et lon estime que, chaque année, 10 000 femmes norvégiennes reçoivent des soins pour des dommages corporels engendrés par la violence familiale. 31. En Russie, 13 000 femmes sont tuées chaque année, pour la plupart par leur mari ou partenaire. A titre de comparaison, 14 000 Russes ont été tués pendant la guerre dAfghanistan, qui a duré 10 ans. 32. Le problème sest considérablement amplifié dans les pays européens qui doivent faire face à la reconstruction socio-économique de leur société. La destruction du système de protection sociale dans ces pays où il na pas été remplacé par dautres mesures efficaces a donné lieu à la situation de pauvreté absolue ou relative dans laquelle se trouve la population. Le chômage, les emplois précaires et lirrégularité dans le versement des salaires ont été à lorigine dun climat social fortement hostile, ce qui a entraîné une nette augmentation de lalcoolisme, de la violence sous diverses formes, de la dépression et des frustrations. 33. Les femmes ne parlent généralement pas publiquement de la violence domestique en raison des nombreux tabous sociaux liés au sujet. Un nombre insuffisant de plaintes sont déposées par des femmes agressées et les trois quarts des plaintes dans certains pays sont retirées après un certain délai. Le nombre de cas signalés et enregistrés est sensiblement inférieur à la réalité. 34. La dépendance économique et la crainte dêtre séparées de leurs enfants constituent pour les femmes des motivations réelles de garder le silence sur la violence familiale, mais pas nécessairement les motivations les plus importantes puisque les femmes économiquement indépendantes souffrent elles aussi de violence conjugale. 35. Les travailleurs sociaux qui sont en contact direct avec les victimes de violence domestique signalent que la violence domestique touche les femmes, quel que soit le groupe social auquel elles appartiennent. Selon des recherches sociologiques, la violence domestique est un phénomène très répandu et se produit aussi bien chez les personnes âgées que chez les jeunes. 36. La violence domestique a de dangereuses conséquences sur les adolescents et les mineurs qui seront un jour maris et pères à leur tour. Soixante-dix pour cent des traumatismes subis par les enfants russes sont causés dans le cadre familial. Chaque année, des milliers de mineurs et dadolescents se réfugient dans la rue pour échapper à la cruauté de leur famille. Ces enfants sont exposés aux problèmes de lalcoolisme, de la toxicomanie, de la délinquance et de la prostitution. Les enfants qui ont souffert de la violence domestique dans leur famille auront toujours tendance à avoir recours à la violence comme moyen de résoudre les conflits dans leur vie future. Lanxiété, le manque de confiance en soi et les tendances suicidaires sont dautres conséquences dune enfance malheureuse vécue dans un climat familial de violence. 37. Pour mieux cerner la situation des victimes de violence domestique, il faut prendre en compte les différences culturelles et le poids des traditions culturelles, notamment la tension qui peut sexercer sur une femme immigrée confrontée à deux cultures qui sopposent sur la place des hommes et des femmes dans la société et sur les fondements de la famille. 38. Les femmes victimes de violences familiales ou de viol nont quun accès très limité aux services de consultation psychologique et dassistance judiciaire. Le nombre de foyers pour femmes maltraitées est très insuffisant. Les victimes doivent attendre entre trois et six mois avant dobtenir une place dans un centre daccueil. IV. Les causes et conséquences de la violence domestique 39. Les causes de la violence contre les femmes au sein du foyer conjugal sont en partie culturelles et en partie liées à une répartition traditionnelle des rôles entre lhomme et la femme. La plupart des hommes trouvent normal doccuper la première place et ne souhaitent pas voir cet ordre des choses remis en question. Les hommes violents trouvent tout à fait légitime de dominer leur femme, de lobliger à faire ou ne pas faire certaines choses, de la contraindre à un certain comportement. 40. En outre, les hommes qui ont recours à la violence pour imposer leur pouvoir nont généralement rien à craindre, car on a tendance à considérer que la violence domestique exercée par les hommes ne concerne que le couple, quil sagisse dune affaire privée où ni le grand public ni lEtat, autrement dit la police et la justice, ne doivent simmiscer. 41. Depuis bien trop longtemps, on inculque aux gens lidée selon laquelle le foyer, le domicile familial est un monde à part dans lequel aucune autorité ne peut intervenir, à quelques exceptions près après tout, la Constitution garantit le caractère privé du domicile. De nombreuses personnes considèrent encore la famille comme une structure où les modèles patriarcaux peuvent être mis en uvre pleinement et sans restriction, sans aucun contrôle extérieur. 42. La société continue à tolérer la violence domestique, jugée acceptable selon la tradition. Elle continue à en imputer la faute aux victimes en donnant à entendre que celles-ci nauraient pas été agressées si elles navaient pas adopté tel ou tel comportement. 43. La violence conjugale a longtemps été considérée comme une affaire privée dans laquelle lEtat et les structures de la justice navaient pas à simmiscer. Or, dans la mesure où la violence conjugale viole lintégrité physique et psychique des femmes concernées, elle est une atteinte directe aux droits de lhomme et en tant que telle est passible dune sanction prévue par la loi. 44. Les conséquences de la violence domestique vont au-delà du conflit entre partenaires. Elles touchent la vie des gens à tous les niveaux : au niveau familial, car dautres membres de la famille sont souvent témoins de scènes de violence ; au niveau social, car cela peut aboutir à lexclusion de la victime ; au niveau économique, car des fonds publics considérables doivent être mobilisés pour la réinsertion des victimes. 45. Selon de nombreux rapports de la police et de travailleurs sociaux, un certain degré de violence domestique est toléré dans les familles avec enfants. Les femmes évitent de signaler les actes de violence à la police, parce quelles ne veulent pas que la famille soit séparée. De multiples études montrent que du fait de la violence domestique, des personnes se retrouvent à la rue, en particulier les familles avec enfants. 46. Il nest pas facile pour les femmes violentées de quitter leur ami ou mari, et ce pour plusieurs raisons. Tout dabord, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la femme aime son conjoint. Ce quelle naime pas, ce sont les situations de violence. Ensuite, elle subit beaucoup de pressions de la part de son entourage proche : son conjoint ou des proches parents. De plus, partir signifie tout quitter et recommencer une nouvelle vie ailleurs. Cela suppose des ressources financières ainsi que des aides et du soutien de lextérieur. La fuite nest pas facile non plus en raison de facteurs psychologiques : la peur et la honte. Enfin, il faut noter quil est anormal que ce soit la femme qui doive quitter son lieu de résidence alors quelle est victime et que, dans la plupart des pays, son mari ne sera même pas contraint de répondre de ses actes de violence devant la justice. 47. Il convient de souligner que la pauvreté et le manque dinstruction ne sont pas des facteurs significatifs. Lincidence de la violence domestique semble même augmenter avec les revenus et le niveau dinstruction. Une étude néerlandaise a révélé que presque la moitié de tous les auteurs dactes de violence à légard des femmes sont titulaires dun diplôme universitaire. 48. Si la consommation dalcool ou de drogues est un facteur qui peut avoir une certaine influence sur le comportement violent des hommes, elle ne peut pas être considérée comme une cause majeure de violence domestique. Lalcoolisme nest jamais une excuse à la violence et de nombreux hommes qui boivent ne sont pas violents avec leur partenaire. V. La législation et les problèmes relatifs à sa mise en oeuvre 49. Les actes de violence familiale sous toutes leurs formes devraient être traités par les Etats comme des infractions pénales et non comme des questions de vie privée. 50. En fait, les affaires de violence familiale sont rarement traitées sérieusement que ce soit par la police ou par les procureurs. En pratique, les poursuites ne sont engagées quà la demande de la victime. De plus, la police et le ministère public ninterviennent que si la femme fournit des preuves irréfutables des actes de violence dont elle a été victime. Souvent, les cas signalés par les femmes ne font pas lobjet denquêtes, les éléments de preuve nétant pas considérés comme crédibles selon les normes de la police ou du parquet. La police exige de nombreux certificats médicaux que les femmes doivent obtenir et payer elles-mêmes et de nombreuses visites au commissariat sont nécessaires. 51. La violence ne se produit quau sein des relations qui lacceptent ou la considèrent comme acquise. Les actes de violence ne sont donc que de simples symptômes dune relation fondée sur la violence. La mise en uvre de mesures de sécurité préventives constitue la seule manière dapporter aux victimes lassistance de lEtat à laquelle elles ont droit. Toutefois, de telles mesures ne peuvent être appliquées tant que la relation de violence nest pas dissoute. Bien que lélimination de la violence soit lobjectif prioritaire, celui-ci ne peut être atteint sans mettre un terme à la relation source de violence. La police doit donc soutenir la victime, la soustraire du danger imminent et veiller à ce quelle reçoive un soutien continu de la part des services dassistance compétents. 52. Par ailleurs, cette intervention policière au nom des victimes a également une valeur hautement symbolique. Elle symbolise la gravité de lacte de violence et dénonce la responsabilité du coupable. Cette action de la police revêt une importance capitale pour faire changer lattitude et le comportement du partenaire dangereux, pour aider la victime à surmonter le traumatisme de la violence et pour parvenir au rejet de la violence par la société tout entière. 53. L'autre difficulté que connaissent les victimes de violence tient à l'absence de témoins. Les voisins sont souvent peu désireux d'être impliqués ; estimant que ce type d'affaire relève de la sphère privée et doit être réglée dans le cadre familial, ils refusent de témoigner. Les policiers, peu enclins à donner suite à la plainte des victimes, fondent généralement leurs décisions sur l'absence de preuves. 54. Si la législation existant dans ce domaine a tendance à ne pas être appliquée, cela tient à labsence de reconnaissance publique de la gravité des conséquences des actes de violence pour les femmes qui en sont victimes et pour les enfants qui en sont témoins. 55. La loi fédérale autrichienne sur la protection contre la violence au sein de la famille, entrée en vigueur en mai 1997, constitue un changement fondamental de philosophie pour ce qui est des relations entre les auteurs d'actes de violence et leurs victimes. La mise en oeuvre de cette loi prouve qu'elle favorise au sein de l'administration, des forces de l'ordre et du public un processus de profonde remise en cause. 56. Cette loi autorise le pouvoir judiciaire ainsi que les forces de l'ordre à expulser lauteur dattaques violentes ou de menaces de violence du foyer familial et des environs immédiats dans lesquels vit lindividu exposé à de tels actes et à lui signifier linterdiction dy revenir. La loi sur la protection contre la violence offre aux victimes de violence une meilleure protection notamment du fait que cest lauteur des actes de violence qui doit quitter le domicile familial et non la victime. 57. En vertu de ces dispositions, il est également possible dimposer une interdiction provisoire. Pour la première fois, des mesures d'accompagnement ont été prévues de façon à garantir une coopération efficace entre la police et les tribunaux civils et à assurer une collaboration étroite avec les instances de protection des victimes. 58. La loi énonce clairement que c'est toujours la personne recourant à la violence qui doit répondre de celle-ci. 59. Comme la police nest pas en mesure de faire face seule au problème de la violence familiale et ne peut y parvenir quen coopération avec dautres autorités et des organisations de protection des victimes, des centres dintervention contre la violence domestique ont été mis sur pied en tant que mesures daccompagnement pour assurer le succès de la mise en uvre de la loi autrichienne sur la protection contre la violence. Ces centres fournissent un soutien et une aide aux femmes victimes et jouent un rôle de coordination entre toutes les parties intervenant dans les affaires de violence (police et autorités judiciaires, autorités de protection de la jeunesse, foyers daccueil pour femmes battues, etc.). 60. Un comité consultatif sur la prévention a été créé pour jouer le rôle de garant de la coopération et de moteur du processus continu de réformes, en assurant une coopération effective à tous les niveaux et en veillant également à ce que soient mis en place des mesures de soutien, des échanges dexpériences et de nouvelles mesures complémentaires adaptées. Cet organe est chargé de mettre en réseau toutes les institutions travaillant dans le domaine de la prévention de la violence. 61. Le comité consultatif a jusquà présent concentré ses efforts sur la prévention de la violence domestique, mais est aussi fortement impliqué dans le domaine des relations publiques et favorise des mesures de soutien telles que la formation du personnel spécialisé. Il est chargé du suivi et de lévaluation continue du projet de réforme, contribue à faire avancer la réforme et complète ainsi lapproche intégrée de lEtat en vue de régler le problème des relations reposant sur la violence. Cette approche intégrée joue aussi un rôle majeur dans la prévention des traumatismes secondaires chez les femmes et les enfants victimes de violence. 62. Il convient daccorder une attention particulière à la protection des femmes de ressortissants étrangers, victimes de violence domestique. Dans ce contexte, les mesures législatives allemandes et autrichiennes peuvent servir dexemples, en matière damélioration des possibilités, pour les femmes immigrées vivant dans les pays étrangers, dexercer une activité professionnelle. En 1997, lAutriche a amendé les dispositions de la loi sur les étrangers relatives au droit de résidence indépendant des épouses étrangères. En cas de violence domestique, la femme peut obtenir un droit de résidence indépendant sans avoir à respecter de délai. 63. Depuis le début de lannée 1998, des permis de travail peuvent être accordés dans certaines circonstances à des femmes étrangères résidant en Autriche si elles ne vivent plus avec leur conjoint en raison de la violence quil exerce ou menace dexercer. Ces femmes doivent également avoir le droit de travailler et de suivre des formations professionnelles. 64. Lapproche intégrée (holistique) susmentionnée du phénomène de violence dans les relations passe donc non seulement par le principe selon lequel lEtat condamne et punit la violence commise au sein du domicile familial de la même manière que la violence perpétrée en public mais aussi par un soutien pratique apporté aux femmes afin quelles puissent échapper à cette relation de violence, par le biais de services spécialisés subventionnés par lEtat. 65. Après les premières mesures durgence, y compris léloignement de lhomme violent, létape suivante consiste à mettre un terme à la relation de violence, ce qui nest bien évidemment possible quavec le consentement de la femme et ne signifie pas nécessairement mettre totalement fin à la relation de couple. Il est possible de parvenir à un nouveau type de relation grâce à des efforts soutenus, mais, dans tous les cas, les deux partenaires doivent, provisoirement, être physiquement séparés. 66. Il savère que les liens noués dans le cadre de ces relations de violence sont difficiles à rompre et ce processus de rupture sapparente souvent à un chemin semé dembûches. Les femmes victimes de violence sont généralement paralysées par la peur et beaucoup veulent croire quelles sont toujours amoureuses, confortées dans cette attitude par le phénomène de la carotte et du bâton et certaines éprouvent même de la pitié pour leurs partenaires. La crainte dêtre séparées de leurs enfants entre également en ligne de compte de même que la honte davoir « échoué » en tant quépouse et en tant que mère. Les facteurs économiques, juridiques et sociaux jouent souvent un rôle décisif dans lincapacité des femmes à saffranchir delles-mêmes de la relation de violence. Le mode de socialisation féminin qui a tendance à inculquer labnégation (que je considère comme un reliquat de lépoque où les rôles traditionnels exigeaient ce dévouement absolu de lépouse) est un autre élément à prendre en considération. 67. Cependant, ce nest que lorsque les différents types dassistance proposés ont été mis en réseau et les échanges dexpériences organisés entre les divers organes compétents que nous avons pu établir toutes ces informations sur les mesures possibles et les modes daction spécifiques et efficaces. Le modèle autrichien a porté ses fruits et les expériences ont en général été positives. Même la crainte que les hommes exclus du domicile familial puissent ne pas se conformer à linjonction prononcée et tenter dentrer en contact avec leur femme ou leur partenaire sest révélée infondée, à quelques exceptions près évidemment. Toutefois, en règle générale, ce système dinjonctions et les autres composantes de la loi sur la protection contre la violence se sont avérés efficaces. 68. Le mécanisme législatif visant à lutter contre le problème de violence domestique doit aller de pair avec des mesures préventives efficaces et des stratégies nationales de promotion de légalité entre les femmes et les hommes. VI. Moyens de lutter contre la violence domestique 69. La première étape pour lutter contre la violence domestique consiste à la rendre visible et à aider les victimes de violence à se libérer de lemprise des hommes violents et à offrir aux femmes tout le soutien nécessaire, y compris un hébergement. 70. Chaque gouvernement doit obtenir des informations objectives sur létat de la question dans la société afin délaborer des stratégies nationales de lutte contre la violence domestique. Pour cela, les études, les enquêtes et les statistiques constituent la première étape qui doit permettre de cerner lampleur du phénomène. 71. Afin daider et de protéger les victimes de la violence, il convient de créer un vaste réseau de centres daccueil pour les femmes maltraitées dans chaque pays européen. Il convient de donner aux femmes les moyens économiques et sociaux de devenir indépendantes. 72. Il convient dapporter une attention particulière à linformation des femmes sur leurs droits légaux, afin de leur donner les moyens de juguler la violence à un stade précoce. 73. Les enfants doivent être identifiés en tant que victimes de violence domestique et leur droit de vivre en sécurité doit être garanti. Les femmes doivent avoir le droit de garder leurs enfants près d'elles et se séparer du partenaire violent. Il convient de prévoir des services daide maternelle pour les femmes hébergées dans les centres daccueil. 74. En élaborant de nouvelles lois pour remédier aux conséquences de la violence domestique sur les enfants qui y sont exposés, les responsables politiques doivent en évaluer les effets éventuellement préjudiciables et les mettre en balance avec leurs avantages. Des programmes de réadaptation appropriés doivent être mis en place par la collectivité et lEtat pour aider les enfants à guérir des violences et des abus dont ils ont été victimes ou témoins. 75. Une approche très progressive de la lutte contre la violence domestique a été mise en place en Allemagne. Elle est fondée sur lélaboration de stratégies dintervention collective par lintermédiaire de la coopération interinstitutionnelle au niveau local.Les projets dintervention communautaire visent d'une part à coordonner laction immédiate de la police, laction de conseil auprès des femmes et la protection civile à long terme et, de l'autre, à établir un lien entre les poursuites pénales actives et des programmes pour les hommes, ordonnés par les tribunaux. Ces projets sefforcent de mettre au point les mesures proposées pour que les différentes institutions se complètent au lieu de se contredire et pour que la sécurité des femmes et leur autodétermination restent la priorité première. Lapproche communautaire mobilise des ressources au niveau local et invite chacun et chacune à prendre ses responsabilités vis-à-vis du changement, là où il/elle vit et travaille. 76. Il ne faut pas négliger non plus le rôle des médias car ils peuvent attirer lattention sur ce dangereux phénomène et informer sur les recours et les structures d'aide aux victimes. Les médias peuvent sensibiliser lopinion publique à ce problème et doivent promouvoir une attitude respectueuse à légard des femmes dans la société. Les médias peuvent jouer un rôle important en contribuant au changement des comportements. 77. Les hommes doivent assumer la responsabilité de leur violence. Il est nécessaire détablir des centres de traitement auxquels les hommes violents peuvent s'adresser eux-mêmes, afin d'agir, en particulier, sur la charge considérable de violence qui reste ignorée du système juridique. Ces centres peuvent proposer des traitements individuels aux hommes, mener des recherches en psychologie et sociologie et dispenser des formations éducatives à lintention des professionnels et du public en général. Depuis 1987, ces centres fonctionnent avec succès en Norvège et peuvent servir de modèles pour dautres pays. 78. Le traitement des hommes violents n'a pas seulement un effet préventif, mais encourage aussi les femmes à dénoncer les violences, sachant que leurs auteurs seront non seulement sanctionnés, mais également soumis à un traitement. VII. Lactivité du Conseil de lEurope dans la lutte contre la violence domestique 79. La communauté internationale et en particulier les organisations internationales telles que le Conseil de lEurope a un rôle éthique capital à jouer dans la promotion de la tolérance zéro vis-à-vis de la violence à légard des femmes. 80. Le Conseil de lEurope a tout dabord adopté une recommandation sur la violence au sein de la famille en 1985, qui recommandait aux Etats membres de prendre des mesures afin de développer la prévention, le signalement officiel des cas de violence et lintervention de lEtat. Il a ensuite adopté en 1990 une recommandation sur les mesures sociales concernant la violence au sein de la famille. En 1993, la troisième Conférence ministérielle européenne pour légalité entre les femmes et les hommes a adopté une Déclaration sur la politique contre la violence à légard des femmes dans une Europe démocratique. 81. Les travaux menés de façon continue par le Conseil de lEurope et notamment par son Comité directeur pour légalité entre les femmes et les hommes (CDEG), dans le but de lutter contre la violence à légard des femmes, ont contribué de manière significative à accroître la visibilité du problème. Le plan daction publié en 1997 a été perçu comme une plate-forme efficace pour lélaboration de mesures au niveau national. 82. En 1998, un Groupe de spécialistes a été créé pour préparer un instrument juridique, à savoir une recommandation aux Etats membres pour la protection des femmes et des jeunes filles contre la violence. Le Séminaire du Conseil de l'Europe "Promouvoir l'égalité : un défi commun aux hommes et aux femmes" (Strasbourg, 17-18 juin 1997) a également apporté une contribution utile aux travaux concernant la lutte contre la violence à légard des femmes, en particulier en matière de prévention. 83. Le CDEG a mené plusieurs activités importantes traitant de différents aspects du problème de la violence à légard des femmes, parmi lesquelles le forum dinformation éliminer la violence familiale : quelles actions, quelles mesures ?, qui sest tenu à Bucarest en novembre 1998. 84. Le CEDG a organisé un Forum international à Bratislava en octobre 2000 sur le thème les droits fondamentaux des filles et des jeunes femmes en Europe : questions et défis pour le 21e siècle. Au cours de ce Forum, une série de recommandations visant à intensifier les efforts déployés pour lutter contre la violence à lencontre des femmes a été élaborée. 85. Une étude comparative sur létat de la législation concernant la violence à lencontre des femmes dans les Etats membres du Conseil de lEurope a été élaborée par le groupe de spécialistes pour la lutte contre la violence à légard des femmes, travaillant sous légide du CDEG. Cette étude couvre également le problème de la violence domestique. 86. Le Conseil de l'Europe doit continuer à jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la violence. La nécessité de mener des activités législatives, politiques et de recherche au niveau transnational afin de renforcer la coopération internationale peut servir de base à laction future de lOrganisation. VIII. Recommandations 87. Les mesures de prévention de la violence domestique doivent sattaquer à la cause profonde du problème. Il est donc nécessaire que tous les gouvernements mettent tout en oeuvre pour lutter contre la discrimination dont les femmes sont victimes et pour leur garantir les mêmes opportunités et les mêmes choix quaux hommes, ce qui rendra les femmes moins vulnérables. 88. La planification stratégique dans le domaine de la violence domestique doit établir un cadre pour les procédures et les services législatifs afin : - de garantir une sécurité immédiate aux femmes qui sont ou risquent dêtre victimes de violence domestique ; - dassurer des résultats positifs à long terme pour les femmes qui sont ou risquent dêtre victimes de violence ; - de prévenir la violence domestique. 89. Les mesures suivantes doivent être examinées par les Etats membres du Conseil de lEurope afin de lutter contre la violence domestique à légard des femmes.
90. Les organisations non gouvernementales et le Conseil de lEurope devraient travailler conjointement à létablissement de bases de données sur la violence familiale, qui contiendront des informations sur les organisations et institutions, les législations et les statistiques disponibles dans ce domaine. Ces informations doivent être accessibles sur Internet. 91. Le Conseil de lEurope doit élaborer une série de mesures répondant au besoin dharmonisation des législations nationales européennes pour lutter contre la violence domestique et pour renforcer la coopération internationale dans ce domaine. 92. Des lignes directrices pour des programmes dintervention à lintention des hommes violents pourraient être préparées par un groupe de travail spécial du Conseil de lEurope. 93. Le Conseil de lEurope devrait élaborer un schéma, adaptable à chaque pays, pour les manuels de sensibilisation et de formation à lintention des juges, des auxiliaires de justice, des membres des forces de police et des médecins. 94. La question de légalité entre les femmes et les hommes devrait figurer parmi les questions qui font lobjet du suivi du respect des obligations des Etats membres du Conseil de lEurope. 95. Lélimination de la violence domestique, sous toutes ses formes, est une tâche vitale pour tous les pays européens semployant à vivre dans une société fondée sur le respect des droits de lhomme et de la dignité humaine. ANNEXE Violence domestique. Bonnes pratiques des Etats membres du Conseil de lEurope. Autriche La loi fédérale sur la protection contre la violence au sein de la famille est entrée en vigueur en mai 1997. Elle autorise le pouvoir judiciaire ainsi que les forces de lordre à expulser lauteur dattaques violentes ou de menaces de violence du foyer familial et des environs immédiats dans lesquels vit lindividu exposé à de tels actes et à lui signifier linterdiction dy revenir. La loi sur la protection contre la violence offre aux victimes de violence une meilleure protection notamment du fait que cest lauteur des actes de violence qui doit quitter le domicile familial et non la victime. Comme la police nest pas en mesure de faire face seule au problème de la violence familiale et ne peut y parvenir quen coopération avec dautres autorités et des organisations de protection des victimes, des centres dintervention contre la violence domestique ont été mis sur pied en tant que mesures daccompagnement pour assurer le succès de la mise en uvre de la loi sur la protection contre la violence. Ces centres fournissent un soutien et une aide aux femmes victimes et contribuent à la mise en réseau de toutes les parties intervenant dans les affaires de violence (police et autorités judiciaires, autorités de protection de la jeunesse, foyers daccueil pour femmes battues, etc.). A linitiative du ministre fédéral de la condition féminine, le premier centre dintervention contre la violence familiale a été créé à Graz en 1996. Depuis, des organismes du même type ont été mis en place dans cinq autres capitales provinciales autrichiennes grâce au cofinancement du ministre fédéral de la condition féminine et de la protection des consommateurs et du ministère fédéral de lIntérieur. Belgique La Belgique a fait de la lutte contre la violence domestique une priorité sur le plan national. Un plan daction a été adopté le 11 mai 2001 qui inclue différentes mesures en matière de prévention, de sanction, dassistance aux victimes et de traitements des auteurs. Au niveau fédéral, les décisions suivantes ont été prises
Finlande Interdiction de visite La loi sur les interdictions de visite est entrée en vigueur le 1er janvier 1999 (publiée le 4.12.1998/898). Linterdiction de visite signifie quil peut être interdit à une personne, par exemple lex-conjoint ou un enfant adulte extorquant des fonds à un parent âgé, dentrer en contact avec une autre personne afin de protéger la vie, la santé, la liberté ou la paix de celle-ci. Une interdiction de visite courante signifie que la personne à qui elle est imposée na pas le droit de rencontrer la personne protégée ni dessayer de prendre contact avec elle. Une interdiction de visite renforcée signifie que la personne à qui elle est imposée na pas non plus le droit de se trouver dans une zone déterminée, notamment les environs du domicile ou du lieu de travail de la personne protégée. La demande dinterdiction de visite se fait auprès de la police ou du tribunal de première instance ; linterdiction de visite sapplique pendant une durée maximale dun an, renouvelable. Toute violation dune interdiction de visite est passible dune amende ou dune peine demprisonnement ne dépassant pas un an. En 1999, plus de 1000 interdictions de visite ont été prononcées. France A titre de sensibilisation et de prévention, un reportage photographique sur la violence domestique a été réalisé pour la première fois en France en 1997. Ce document, qui a demandé deux ans de travail, sert de support pour les actions de sensibilisation des délégués régionaux et des conseillers départementaux spécialisés dans les droits des femmes. Une circulaire interministérielle relative à la lutte contre la violence domestique à lencontre des femmes a été adoptée le 8 mars 1999. Elle passe en revue dans une première partie la législation applicable à la violence domestique physique et sexuelle dont sont victimes les femmes. Elle décrit, dans la seconde partie, les conditions du partenariat interinstitutionnel nécessaires au traitement du phénomène de violence, tandis quune troisième partie présente les réponses apportées aux victimes en termes daccueil et de traitement par les services de police, les unités de gendarmerie et les services de justice. Enfin, la dernière partie résume les modalités de prise en charge et dindemnisation des victimes de violence dans le cadre privé. Un groupe de travail gouvernemental relevant du ministère de la Justice a été créé en 1999 pour traiter des violences faites aux femmes. Il a été chargé dévaluer la législation en vigueur, de procéder à son analyse comparative avec celle des autres pays européens, de passer en revue les pratiques judiciaires actuelles, de repérer les actions novatrices menées dans certaines juridictions afin de les diffuser et daméliorer larticulation entre les différentes procédures civiles et pénales. Ce partenariat, renforcé au cours de lannée dernière, doit encore progresser, conformément aux décisions arrêtées le 8 mars 2000 par le comité interministériel des droits des femmes et de légalité. Allemagne Le Projet dintervention de Berlin visant à lutter contre la violence domestique a été lancé en 1995. Il entend améliorer la protection des femmes victimes de violence domestique lors des investigations policières et de la procédure judiciaire à lencontre de lagresseur. Ce projet sest inspiré du projet mis en uvre à Duluth, dans le Minnesota, projet dintervention pour combattre la violence domestique et a pour objectif de coordonner les mesures prises par toutes les institutions et les projets afin de faciliter la protection des femmes maltraitées et la poursuite en justice des auteurs dactes de violence. Islande Centre daccueil pour les femmes Le centre daccueil pour les femmes de Reykjavik, de dimension nationale, a été fondé en 1982. Ce centre est un foyer daccueil durgence pour les femmes victimes de violence domestique. Il repose sur une idéologie féministe selon laquelle la violence à légard des femmes, la violence domestique et toute autre forme de violence constituent un problème social et non privé. Le centre est géré par lONG Womens Shelter Alliance et soutenu financièrement par le gouvernement, plusieurs autorités municipales et donateurs privés. Les porte-parole de lONG ont critiqué le système judiciaire pour son manque defficacité et ont souligné que les victimes nobtiennent pas réparation dans le système actuel. Irlande Programmes destinés aux hommes Prévention MOVE, initié en 1989, a mis en place des programmes à Dublin, à Cork et dans dautres parties de lIrlande. Sa préoccupation principale est la sécurité des femmes et des enfants, quil assure en confiant aux hommes la responsabilité de trouver des solutions à la violence. Le programme est proposé toute lannée par sessions de 13 semaines. Les hommes sont orientés vers ce programme par des médecins, des avocats, des psychiatres, des conseillers matrimoniaux et des travailleurs sociaux et pour un petit nombre dentre eux par les tribunaux. Le programme comprend des séances de groupe hebdomadaires animées par des professionnels. Les hommes doivent confronter et explorer leur comportement violent, leurs attitudes et leurs croyances et ils doivent assumer pleinement la responsabilité de leurs actes de violence. Selon MOVE, le programme a atteint son objectif lorsque lhomme cesse dêtre physiquement violent et dexercer une domination par dautres moyens, notamment psychologiques. MOVE est une organisation bénévole qui ne bénéficie pas du financement assuré de lEtat. MOVE mène aussi des activités déducation et dinformation à lintention des professionnels et de lopinion publique sur les hommes violents et leur part de responsabilité dans la violence. Lettonie Le centre daide durgence Skalbes, mis en place par une ONG lettone, a organisé plusieurs séminaires multidisciplinaires sur la violence domestique à lintention des procureurs, des juges, des agents de police, des médecins, des psychologues et des travailleurs sociaux. Ces séminaires ont abouti à la création dun groupe de travail spécifique qui se réunit deux fois par mois pour travailler sur les diverses questions législatives concernant la violence domestique. Lobjectif de ces activités est délaborer une législation spécifique concernant la violence domestique. Malte Le programme de développement de la protection sociale, élaboré par le ministère du développement social, propose une vaste gamme de services : LUnité violence domestique est composée de travailleurs sociaux spécialisés qui soutiennent les victimes de violence domestique et leur donnent des moyens dagir. Les travailleurs sociaux de lUnité violence domestique aident les victimes à trouver un hébergement le cas échéant et les mettent en contact avec dautres services nécessaires. LUnité a également pour objectif la prévention de la violence par le biais de léducation et des médias et elle exerce aussi de vives pressions pour que des modifications soient apportées à la législation. Le service dassistance téléphonique 179 est un service gratuit géré par des bénévoles qualifiés qui a pour objectif de fournir des informations et un soutien accessibles et confidentiels aux personnes victimes de violence domestique et aux enfants maltraités ainsi quaux personnes concernées par ces phénomènes et daider ces personnes à avoir accès à des services durgence. LUnité des services de protection de lenfance et le Service du groupe de soutien aux enfants ainsi que lEquipe de soutien interinstitutionnelle et le Service des visites à accès surveillé visent à fournir un soutien efficace aux enfants confrontés à la violence et aux abus sexuels. Le Service de thérapie familiale est axé sur le cellule familiale. Trois centres daccueil pour les femmes victimes de violence domestique et leurs enfants ont été mis en place ; ils sont gérés par des ONG et subventionnés par lEtat. Plan daction national En 1991, un Comité daction a été institué dans lobjectif délaborer un plan daction pour traiter du phénomène de la violence domestique. Un rapport a été publié en janvier 1992. Une Unité de soutien aux victimes a vu le jour au sein des forces de police maltaises. Cette unité propose des services de police en matière de protection et de poursuites judiciaires. LUnité violence domestique du programme de développement de la protection sociale et les forces de police maltaises ont organisé des programmes de formation à lintention des policiers. Norvège Programme daction contre la violence domestique En 2000, le gouvernement a lancé un programme daction contre la violence domestique. Un groupe interministériel composé de représentants du ministère de lEnfance et des Affaires familiales et du ministère de la Santé et des Affaires sociales et présidé par le ministère de la Justice et de la Police a été établi. Le groupe est chargé de coordonner les activités relatives à la lutte contre la violence domestique et contre la violence à lencontre des femmes en général et de mettre en uvre les activités du programme daction. Le programme comprend un large éventail dactivités visant à réduire la violence domestique et à améliorer les services proposés aux victimes :
Des alarmes sont fournies aux femmes qui ont été violemment traitées ou menacées par leur ex-mari ou ex-concubin. Ces alarmes donnent un accès immédiat à la police en cas durgence. Des efforts seront déployés pour mettre au point des alarmes mobiles. Pologne LAgence nationale chargée des problèmes liés à lalcool (ministère de la Santé et de la Protection sociale) a mis sur pied, en collaboration avec lInstitut de psychologie pour les questions de santé et dalcoolisme (organisation non gouvernementale), un programme de lutte contre la violence familiale. Son objectif est double : jeter les bases dun système cohérent daide aux victimes de la violence domestique, notamment dans ses manifestations les plus graves (familles confrontées à des problèmes dalcoolisme) et faire changer les mentalités face à de tels actes. Le Centre national de secours durgence aux victimes de la violence familiale est quant à lui chargé :
Portugal LAssociation portugaise daide aux victimes (APAV), dont le siège est à Lisbonne et qui possède des antennes dans dautres villes du pays, soccupe de laide psychologique, de lorientation, du soutien financier et de linformation des victimes. En tête de ses priorités figurent les foyers daccueil pour femmes battues. Cela étant, les crédits dont elle dispose sont insuffisants. Les victimes peuvent par ailleurs sadresser à un organisme privé dentraide pour les femmes. En 1976, la Commission pour légalité et les droits des femmes a ouvert un service daide juridique destiné aux femmes. Environ 25% des affaires dont elle soccupe sont des affaires de sévices conjugaux. Depuis 1997, la Commission tient une base de données informatisée de ses consultations. LAssociation de Femmes contre la Violence, une ONG composée de femmes, propose aussi un service daide et de soutien juridique aux femmes victimes de violence. Elle gère déjà un foyer dans la région de Lisbonne, créé avec le soutien dune entreprise privée et de la Commission pour légalité et les droits des femmes. La loi n° 107/99 du 3 août 1999 relative à la création dun réseau public de centres daccueil pour les femmes victimes de violence établit le cadre général de la création de ces centres. La Commission pour légalité et les droits des femmes a mis en place en 1998 une ligne téléphonique nationale durgence pour les victimes de violence domestique, qui fournit des informations juridiques à ce sujet. Cette ligne fonctionne 24 heures sur 24 depuis mai 2000 avec la collaboration de lAPAV. Outre la ligne téléphonique, lAPAV et la CIDM ont créé un bureau auquel les femmes victimes de violence peuvent directement sadresser pour obtenir de laide. République slovaque Loi sur lassistance sociale La nouvelle loi sur lassistance sociale contient des mesures préventives de lutte contre la violence domestique. La prévention dans le domaine social et laide en cas de difficultés dordre matériel ou social font partie de lassistance sociale. La consultation, la protection juridique et les services sociaux ont pour but daider les victimes à surmonter ces difficultés. Prévention dans le domaine social : les programmes éducatifs visant à modifier les comportements violents revêtent une importance primordiale dans le cadre de la prévention sociale. Consultation : la gravité, la nature et la raison du comportement négatif dun individu sont tout dabord identifiées. Des solutions potentielles ou dautres consultations dispensées par des institutions spécialisées sont ensuite recommandées. Protection juridique : des programmes éducatifs visant à améliorer les relations familiales constituent un moyen important de protéger les droits légaux dun individu. Services sociaux : Actuellement, la République slovaque compte 23 foyers daccueil (soit 247 places) qui peuvent héberger des femmes avec leurs enfants en fonction de leurs besoins ; mais ces centres daccueil peuvent également porter assistance aux femmes victimes de violence domestique. Espagne Mesures juridiques : Les mesures suivantes ont été prises afin de simplifier et daméliorer les procédures juridiques :
Suède Une nouvelle infraction, appelée violation grave de lintégrité dune femme, a été introduite dans le Code pénal. Il sagit dactes réprimés par le code commis de façon répétée par des hommes à lencontre de femmes qui ont ou ont eu une étroite relation avec lauteur de ces actes. Cette nouvelle infractionsignifie que si un homme commet certains actes criminels (agression, menace ou coercition illicite, abus sexuels et autres brutalités, exploitation sexuelle, etc.) à lencontre dune femme à laquelle il est ou a été marié ou avec laquelle il vit ou a vécu en concubinage, il sera condamné pour violation grave de lintégrité dune femme, au lieu dêtre condamné pour chaque infraction particulière quil a commise. Pour que lauteur de cette nouvelle infraction soit condamné, il faut que les actes commis sinscrivent dans un schéma de violation répétée de lintégrité de la femme et visent à porter gravement atteinte à la confiance en soi de la femme. Cette disposition autorise les tribunaux à renforcer les sanctions pénales infligées pour les infractions en question dans les cas où elles sinscrivent dans un processus de violation de lintégrité dune personne, ce qui est souvent le cas dans les affaires de violence domestique. Il sera donc également possible de tenir compte de tous les aspects de la situation de la femme maltraitée. La sanction prévue pour cette nouvelle infraction est une peine demprisonnement pouvant aller de six mois à six ans. La nouvelle infraction nexclut pas la possibilité de poursuivre simultanément lauteur de cette infraction en justice pour, par exemple, coups et blessures avec circonstances aggravantes ou viol aggravé. Plusieurs décisions de justice ont déjà été rendues en application de cette nouvelle disposition. Le Conseil national de la prévention de la délinquance a été chargé de réaliser une étude sur les conditions pratiques et techniques nécessaires à lapplication de mesures de contrôle électronique qui pourraient être prises à lencontre dhommes nayant pas respecté une interdiction de visite. Le Conseil a soumis son rapport au gouvernement en mars 1999. La probabilité accrue de détection inhérente à cette forme de contrôle peut avoir un effet dissuasif tout en garantissant une meilleure sécurité aux femmes concernées. Le contrôle électronique impliquerait également une restriction de la liberté de circulation de lagresseur et la femme naurait plus à signaler linfraction à la police. Toutefois, le lancement de ce projet dépend de laccès à une technologie fiable et de la possibilité de mener à bien le contrôle dans la pratique. Suisse En 1997, la Conférence suisse des délégués à légalité a mené une vaste campagne nationale dinformation et de sensibilisation sur la violence contre les femmes dans le couple, intitulée Halte à la violence contre les femmes dans le cadre familial. Cette campagne a mis laccent sur la violence largement répandue des hommes envers les femmes, que ce soit dans un couple marié ou non. De nombreuses manifestations régionales et locales ont ponctué cette campagne nationale durant laquelle une ligne téléphonique dassistance a fourni au public des informations et des conseils dans trois langues, 7 jours sur 7. Des projets visant à lutter contre la violence domestique ont été mis en place dans plusieurs cantons afin de protéger les victimes et de traduire leurs agresseurs en justice. Les groupes qui mènent ces projets sont généralement composés de représentants et de représentantes de la police, de la justice, des autorités sociales, des organisations dimmigrés ainsi que des services de consultation et daide aux femmes et de promotion de légalité des sexes. Turquie Loi n° 4320 sur la prévention de la violence domestique La loi sur «la protection de la famille» incorporée dans la législation turque contient plusieurs articles permettant aux femmes qui peuvent être exposées à la violence de sadresser aux tribunaux pour une ordonnance de protection. Les mesures prévues comprennent, entre autres, une ordonnance de séparation pour éloigner le membre de la famille recourant à la violence du domicile familial, lobliger à survenir aux besoins des membres de la famille, lempêcher de les harceler par tout moyen de communication et lempêcher d'endommager leurs biens. Une telle ordonnance peut être délivrée par le juge du tribunal d'instance saisi par les femmes ou les enfants victimes de violence domestique ou suite aux informations fournies par le procureur général. Le non-respect dune ordonnance de protection est puni dune peine demprisonnement pouvant aller de trois à six mois. La loi n° 4320 a été adoptée par la Grande assemblée nationale turque le 14 janvier 1998; elle est entrée en vigueur le 17 janvier 1998. Par ailleurs, cette loi prévoit la protection du requérant jusquà ce que le divorce soit prononcé. Le ministère des droits de la femme et de la famille a publié et diffusé 15 000 brochures auprès des mairies, juges, procureurs, barreaux, au ministère de lIntérieur et aux ONG dans 80 provinces du pays. Une note a été adressée aux mairies, pour leur demander des statistiques sur le nombre de cas signalés à la police en ce qui concerne les femmes victimes de crime dhonneur, les femmes qui tuent leurs maris ou se suicident après avoir été exposées à la violence durant de nombreuses années. Ces informations une fois analysées, de nouvelles études (seront/ont été?) effectuées afin de remédier à déventuelles carences de la loi. Dans le cadre du lancement conjoint du Programme national de renforcement de la participation des femmes au développement et du Programme de développement des Nations Unies, dont la coordination est assurée par le Centre de recherches appliquées sur les problèmes des femmes de luniversité dAnkara, un programme intitulé «Notre ami du commissariat» a été mis en uvre dans le but de modifier les attitudes qui dans les commissariats et au sein de la police pouvaient dissuader les victimes de sadresser aux agents de police et pour de former les fonctionnaires de police. Dans le cadre de ce programme, 94 agents de police travaillant dans des commissariats rattachés à la Direction de la police dAnkara ont été formés en 1996. Une formation a été organisée en 1998 pour les agents de police et les étudiants de lAcadémie de police travaillant dans les commissariats de police rattachés à la Direction de la police dAnkara afin de les sensibiliser aux spécificités des hommes et des femmes. La formation portait sur des sujets comme les droits des femmes, les concepts dégalité, la violence envers les femmes et la violence domestique. A la fin de l'année 2001, cette loi avait été appliquée dans 7432 affaires ayant trait à la violence domestique. MOR ÇATI, dont le siège est à Istanbul, est une ONG autonome qui fournit une assistance aux femmes victimes de violence domestique. Certaines femmes ont appris à dire "non" à la violence. MOR ÇATI renforce la solidarité entre les femmes qui luttent contre la violence domestique par le biais de la campagne "dire non à la violence" qui remet en question lacceptation culturelle de la violence à légard des femmes. Royaume-Uni Irlande du Nord Un Forum régional sur la violence domestique a été établi en septembre 1995. Le Forum rassemble les principaux acteurs intervenant dans la lutte contre la violence domestique notamment les structures associatives , dans le but de coordonner leurs actions pour atteindre les objectifs fixés. A ce jour, le travail du Forum a notamment consisté à :
Le Northern Ireland Office (NIO) a produit une publication intitulée Stopping Crime Starts with You (Comment vous pouvez contribuer à lutter contre la criminalité). Cette publication inclut une section qui donne des conseils utiles et pratiques aux femmes afin de les aider à se protéger. Le NIO a également édité une publication intitulée Six Steps to Protect Your Home (Six manières de protéger votre domicile) qui fournit des conseils pratiques pour assurer la sécurité au sein du foyer et répertorie un certain nombre de lignes téléphoniques dassistance mises en service par des organisations susceptibles de fournir une aide. Cette publication a été rééditée au début de lannée 1998. Ecosse Afin de déterminer comment le Scottish Office pourrait contribuer au mieux à apporter un soutien aux victimes, une étude a été commandée pour passer en revue le type de services proposés aux femmes maltraitées et à leurs enfants. Un rapport de cette étude a été publié en mars 1998 sous le titre Service Provision to Women Experiencing Domestic Violence in Scotland (Prestation de services aux femmes victimes de violence domestique en Ecosse). Dans le rapport, 26 recommandations sont formulées à lintention du Scottish Office/gouvernement britannique et 36 autres aux prestataires de services (services daction sociale et de logement des collectivités locales, forces de police, services de santé, association écossaise daide aux femmes et agence écossaise de prestations sociales). Le Scottish Office a également publié en 1997 le résultat dune inspection thématique menée par linspection de la police sur le traitement de la violence domestique par la police. Le rapport intitulé Hitting Home indique que les actes de violence répétés commis sur la même personne sont nombreux et que la demande des victimes en matière de services de police a augmenté ces dernières années. Néanmoins, la coopération entre les services des collectivités locales et dautres organismes sest considérablement améliorée au cours des 10 dernières années et ce rapport contribuera à diffuser les exemples de bonne pratique identifiés dans plusieurs services de police. Un réseau de partenaires écossais travaillant sur le problème de la violence domestique a été instauré en 1998. Il est composé dorganisations représentatives qui participent activement au traitement des différents aspects de la violence domestique. Sa mission consiste à recommander :
Unités de police spécialisées Suite aux orientations communiquées aux forces de police en 1990 (Angleterre, Pays de Galles et Ecosse) et en 1991 (Irlande du Nord), toutes les forces de police du Royaume-Uni ont désormais des consignes en matière de violence domestique. Sur le plan opérationnel, les structures organisationnelles de police relèvent de la responsabilité des inspecteurs de police locaux plutôt que du gouvernement central. Cependant, la police accorde depuis longtemps une grande importance à une lutte efficace contre la violence domestique. Toutes les forces de police du Royaume-Uni sont désormais dotées de politiques relatives à la violence domestique ; de plus, la plupart des forces de police comprennent des agents spécialisés dans ce domaine et nombre dentre eux travaillent dans des unités spécialement consacrées à la lutte contre la violence domestique. Le mois de janvier 1999 a été marqué par la publication de létude de recherche parrainée par le ministère de lIntérieur Policing Domestic Violence : effective organisational structures (Maîtriser la violence domestique : structures organisationnelles efficaces) de Joyce Plotnikoff et Richard Woolfson. Dans le cadre de cette étude, on a déterminé si les forces de police comprennent des agents spécialisés dans la lutte contre la violence domestique (DVO) et/ou des unités spécialisées dans cette lutte (DVU), quelle est létendue du mandat des DVO et des DVU, quelle place les DVO occupent au sein des forces de police, comment est évaluée leur action et comment sont diffusées les informations entre les agents de premier contact et les DVO. Le rapport thématique Hitting Home a identifié des lacunes dans le traitement de la violence domestique par la police en Ecosse. Les forces de police nont pas toutes désigné dagents spécialement affectés à la lutte contre la violence domestique et le rapport a recommandé que les forces de police qui ne disposent pas encore dune équipe spéciale se demandent si elle serait nécessaire à la lumière du rapport.
-------------------------------------------------------------------------------- Commission saisie du rapport: commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes Renvoi en commission : Doc 9081 et renvoi n° 2608 du 22 mai 2001 Projet de recommandation adopté à l'unanimité par la commission le 27 juin 2002. Membres de la commission: Mme Err (Présidente), Mme Aguiar (1ère Vice-Présidente), Mme Keltosova (2ème Vice-Présidente), Mme Mikutiene (3ème Vice-Présidente), Mme Anastassova, M. Bakulin, Mme Biga-Friganovic, Mme Castro (Mme Lopez Gonzalez), Mme Cryer (M. Etherington), M. Dalgaard, Mme Fogler, Mme Freitag, Mme Frimannsdóttir, M. Gaburro, Mme Granlund, Mme Gülek, Mme Hadjiyeva, Mme Hornikova, M. Juri, Mme Katseli, Mme Kestelijn-Sierens, M. Kiely, Mme Konglevoll (Mme Ringstad), Mme Korhonen, Mme Kosane-Kovacs, Mme Kryemadhi, M. Mahmood, M. Olteanu, Mme Paegle, Mme Paoletti Tangheroni, Mme Patarkalishvili, Mme Patereu, Mme Pericleous-Papadopoulos, M. Pintat, M. Popovski, M. Pullicino Orlando, Mme Roudy, Mme Rupprecht, Mme Wurm, Mme Yarygina (M. Fedorov), Mme Zaciragic, Mme Zafferani, Mme Zapfl-Helbling, Mme Zwerver. Secrétaires de la commission: Mme Nollinger, Mme Kostenko |